missipi Mississippi (Wild is the River 1941) est un peu l' Autant en emporte le vent de Louis Bromfield - on laissera au lecteur le soin de comparer. Le romancier y tire un portrait à l'acide du Sud à l'instant où la botte yankee écrase la nuque des vaincus dans les derniers jours de la guerre de Sécession : aux célèbres contradictions du lieu (nous sommes à la Nouvelle-Orléans patrie de la générosité hédoniste et de l'abjection raciste) répondent celles de la société des vainqueurs corsetée de puritanisme et pourrie déjà par la soif du pouvoir.Le climat bien sûr déboutonne les uns et les autres et invite à arracher quelques masques. Bromfield a résolu d'écrire ici bien avant que ce ne soit à la mode un roman de la transgression. Jeu dangereux dont les femmes se tirent finalement mieux que les hommes : elles seules parvenant au bout du compte à ériger droitement le désir qui les tient au ventre. On sort un peu secoué par la violence de tout cela mais la vérité - puisque c'est d'elle qu'il s'agit - n'a jamais été une maîtresse de tout repos.

unroman Eté 1952, Martha's Vineyard. 20 hommes signent, dans le secret, un pacte diabolique destiné à manipuler le président des Etats-Unis pour les décennies à venir... Un thriller politique qui s’étend sur vingt ans et qui va conduire Eddie Wesley, un jeune écrivain, dans une course-poursuite à recherche du pouvoir.

danslagrandenuitAvec ces mille pages d'amour et de guerre, Antonio Muñoz Molina reprend les thèmes qui traversent toute son œuvre - la mémoire historique, la conscience morale, l'infinie complexité des sentiments- et signe non seulement son plus beau roman mais aussi un véritable chef-d'oeuvre.Dans ce livre total, politique et sentiments sont les deux faces d'une tragédie qui plonge le personnage principal Ignacio Abel dans une spirale qui lui fera perdre son amour, son pays et son engagement. A la fin de 1936, cet architecte espagnol de renom, progressiste et républicain, monte les marches de la gare de Pennsylvanie, à New York, après un périple mouvementé depuis Madrid où la guerre civile a éclaté. Il cherche Judith Biely, sa maîtresse américaine perdue, poursuivi par les lettres accusatrices de sa femme, Adela, et taraudé par le sort incertain de ses deux jeunes enfants, Miguel et Lita. Antonio Muñoz Molina le regarde chercher le train qui doit le conduire dans une petite ville au bord de l'Hudson, Reinheberg, et reconstruit dans un époustouflant va et vient dans le temps la vie d'Ignacio Abel, fils de maçon, devenu architecte à force de sacrifices, marié à une fille de la bourgeoisie madrilène arriérée et catholique, déchiré par sa passion amoureuse et par la violence des événements politiques. Cette grande fresque sur les heures qui ont précédé la prise de Madrid par les franquistes - où se croisent nombre de personnages historiques et littéraires- est aussi un roman intimiste et charnel qui fouille avec une lucidité admirable et bouleversante au plus profond de la matière humaine

 

3 livres empruntés à la bibliothèque (12 euros de cotisations à l'année contre un budget de 100 à 150 euros ) choisis avec un soin certain. Le premier commençé est Mississipi of course. Louis Bromfield , je l'ai découvert suite à la lecture de Précoce Automne (bonne pioche au final) et quand j'ai vu que ma bibliothèque avait quelques romans de cet auteur, je n'ai pas hésité.